La vie est courte, vivons la pleinement…

Je prend la plume en Francais aujourd’hui pour vous parler de mon ami Tanguy.
Je l’ai évoqué déjà dans un post précédent parce que son exemple m’a touché et je voulais partager son point de vue avec plus de gens. Beaucoup de ses proches pourront compléter son histoire

Tanguy est né le 22 février 1974, il aurait eu 41 ans . Tanguy ne fêtera pas son anniversaire cette année car son voyage dans la vie s’est arrêté le 9 février dernier, après un combat d’un an contre le cancer. Je n’ai pas matière a partager la vie entière de Tanguy, car je ne la connais pas… mais j’aimerais partager avec vous ces quelques moments que nous avons partagés.

Tanguy

Tanguy et moi avons travaillé ensemble en 2004-2005, pour une entreprise de tourisme qui emmenait des mini-bus pleins de touristes étrangers, visiter les Chateaux de la Loire. Pour moi, ce job, c’était juste pour l’été. Pour Tanguy, c’était son job a plein temps jusqu’a il y a 2 ans.  On avait chacun notre mini-bus, avec notre lot de touristes, et on faisait la chasse aux pourboires tout en partageant notre passion pour les chateaux. On se retrouvait autour d’un café ou d’un sandwich pendant que “nos” touristes visitaient les chateaux, et on parlait, de voyages, d’histoire, de futur, de nos déboires avec nos employeurs, des potins dans le monde des mini-bus a Tours… Tranquille, quoi :).

Nous sommes restés en contact de 2004 a 2014 via Facebook, en s’envoyant un message une fois par an pour l’anniversaire, sans plus.

En 2012, il a décidé de retourner sur les bancs de l’université pour se professionnaliser dans le domaine du tourisme sportif et laisser derriere lui les potins et déboires du monde des mini-bus touristiques, qui ne lui faisait plus tellement envie depuis plusieurs années. Il a arrêté de travailler pour se consacrer a ses études, et il s’y est dédié au maximum, ne ménageant pas ses heures de révisions, travail de groupe etc…

Tout allait bien jusqu’en décembre 2013. Suite a des problèmes répétitifs de digestion et de fatigue, il est allé voir son médecin. En quelques semaines, sa vie a basculé: ses problèmes étaient liés a un cancer, qui avait développé une tumeur dans son foie.

Apres le choc initial, il s’est changé en guerrier, défendant la cause la plus importante qui soit pour lui: sa vie. Dans les semaines/mois qui ont suivi, il a sonné le rassemblement des forces et a commencé a appeler ses proches pour leur annoncer la nouvelle et s’assurer de leur support. Il a mis ses études en stand by et a fait son premier protocole de chimiothérapie.

Bien qu’il ait obtenu de bons résultats après le premier protocole, la tumeur n’a pas suffisamment réduit et une opération pour l’enlever restait encore impossible.

Qu’a cela ne tienne, Tanguy a appelé les renforts, sur Facebook cette fois, en mai 2014, juste avant de commencer sa deuxième chimio.

Tanguy

 

C’est la que j’ai repris contact avec lui. J’ai trouvé, comme beaucoup, qu’il avait du courage mais aussi qu’il avait raison: ce n’est pas en cachant sa situation qu’on peut deviner que quelqu’un a besoin de soutien… On s’est vu lors de mon passage suivant a Tours, et on a passé 3 bonnes heures a discuter, assis a la guinguette des bords de Loire puis aux Freres Berthom.

Ce soir la, il m’a dit:

“Je ne suis pas courageux, je n’ai juste pas d’autre choix que de me battre pour ma vie. Je vais vivre, il n’y a pas d’autre option.”

Et il a continué de se battre, il a continué de vivre, profitant au maximum des périodes ou il se sentait bien pour aller voir ses amis et ses cousins, ne se laissant pas abattre par l’injustice de sa situation. A aucun moment, il ne s’est autorisé a baisser les bras. Il ne pouvait pas laisser ses parents, ses neveux, sa famille en général, qui avait déjà souffert de la perte de son frère peu de temps avant.

Il est allé en Italie voir ses cousins, dans le Vercors voir ses amis, il est allé au cinéma, au resto, il a reçu des visites, des messages, des appels… Mais il a aussi appris a prendre chaque jour, chaque visite, chaque appel comme un cadeau, comme un bonus. Comme disent nos amis anglais “He didn’t take anything for granted”…

En tant qu’amie, je peux dire que c’est vrai: notre monde ne s’est pas arrêté de tourner, mais nous avons mis Tanguy plus haut dans la liste des gens a appeler, dans la liste des gens a voir etc… et cela l’a aidé a continuer a se battre, et ce, jusqu’au bout.

Tanguy2

Lors de notre dernière rencontre, le 2 janvier dernier, il venait de passer le 24 décembre a l’hôpital, car il n’arrivait pas a s’alimenter. Pour pallier a cela, son médecin lui avait prescrit la pose d’une perfusion quotidienne. Il avait perdu beaucoup de poids et avait hate de ne plus avoir a recevoir l’infirmiere tous les matins!

Sa frustration et son sentiment d’injustice étaient palpables… Frustration après des médecins qui ne communiquaient pas assez, frustration d’avoir raté Noel, l’injustice de sa maladie… Pourtant, il n’y avait toujours pas d’autre issue possible pour lui que le fait qu’il devait réussir a se remettre, et entamer son nouveau protocole pour – enfin – se débarrasser de cette chose qui le rongeait… Il continuait d’explorer les nouvelles possibilités de traitement alternatif, les thérapies lui permettant de rester positif, comme la sophrologie par exemple, qui le calmait.

J’ai appris via Facebook que Tanguy était décédé. Il s’est battu, mais le cancer a gagné.

La vie est un voyage, et sa seule destination est la mort, aucun d’entre nous n’y échappe. Cependant, on peut y arriver avec des bagages plus ou moins lourds, avec plus ou moins de regrets et de remords… On peut profiter de la vie maintenant car demain, ce sera peut-être trop tard…

En hommage a Tanguy, prenons le temps de vivre, de profiter de nos familles, de nos amis, de faire ces choses qui nous tiennent a coeur et que pourtant nous repoussons. Vivons comme il a su le faire tout au long de son combat, car c’est cela aussi qui lui a donné la force de continuer, de se lever le matin, de manger, de supporter les traitements désagréables, et c’est cela aussi qui lui a fait gardé espoir… Le temps qui passe mesure notre avancement dans le voyage, ne le gaspillons pas avant qu’il ne soit trop tard!

Dans ces derniers jours, ma grand-mere, également décédée des suites d’un cancer, avait pour habitude de dire de chaque nouvelle chose qu’elle réussissait a faire, de chaque pas, de chaque moment de son quotidien qu’elle arrivait a faire seule:

 “Ca n’a l’air de rien, mais pour moi c’est beaucoup”

Tanguy, mon ami; ma chère grand-mere, reposez en paix, et si vous le pouvez, veillez a ce que nos vies nous offrent a chacun de beaux voyages…